Samedi 23 janvier 2010 6 23 /01 /Jan /2010 18:48

« On se dit qu’on est content de partir, qu’on est fort, puis une fois en l’air moi je savais plus trop. C’est pas facile de partir comme ça je trouve, on laisse plein de trucs derrière nous, on ne sait pas exactement où on va. »
Extrait du film L’auberge Espagnole


1er janvier, 5h00 du matin, encore en train de siroter un verre (voir deux), tout le monde danse, la fête bat son plein, mais c’est déjà l’heure de partir ! L’avion décolle à 7h00, et pas n’importe où… au BRESIL ! Le pays de la samba, du carnaval, du football, du soleil et des gens chaleureux, de la Caïpirinha, des plages paradisiaques…  Mais pas seulement ! Il n’y a qu’à regarder le drapeau, riche en significations.

 bandeira Brasil


Le fond vert représente les champs fertiles et les forêts du Brésil, le losange jaune les richesses en or du pays, tandis que le bleu de la sphère symbolise la couleur du ciel des contrées tropicales. Les 27 étoiles représentent la capitale et les 26 Etats fédéraux du pays. Leur disposition correspond à l’aspect du ciel de Rio de Janeiro, le 15 novembre 1889 (qui correspond au jour de la proclamation de la république), à 20h30. Sur la bannière blanche est inscrite la devise du pays « Ordem e Progresso » qui signifie « Ordre et Progrès ». Tout est là.


On m’a demandé plusieurs fois : Pourquoi avoir choisi le Brésil ? Tout simplement parce que d’après moi, c’est le pays de l’avenir…

Le Brésil ne cesse d’évoluer, c’est actuellement la 9ème économie mondiale juste derrière la France. Le pays connait maintenant une stabilité financière, une hausse du pouvoir d’achat de la population et une classe moyenne qui augmente. Le Brésil est sorti de la crise ; son économie florissante, ses richesses naturelles abondantes et ses capacités de développement dans le domaine des nouvelles technologies lui permettent d’accélérer sa mutation et d’accéder d’ici quelques années au rang de grande puissance mondiale. La coupe du monde de football en 2014 et le choix de Rio pour les jeux Olympiques de 2016 ont prouvé une nouvelle fois l’incontestable rayonnement international du Brésil.

bandeira São PauloSão Paulo est un des 26 Etats qui compose la République fédérale du Brésil. C’est la capitale économique et le principal centre financier du pays. Un tiers de l’activité industrielle se concentre ici. La mégalopole compte 20 millions d’habitants, ce qui en fait la 4ème ville du monde. Elle est jeune et dynamique, et attire énormément les investisseurs étrangers : c’est le premier pôle d’accueil des implantations d’entreprises françaises au Brésil.

 

Le réseau des Missions Economiques est un service extérieur du ministère français de l’Economie, des Finances et de l’Emploi, placé sous le contrôle de l’Ambassade de France au Brésil. Il y a trois bureaux dans le pays : à Brasilia, à Rio de Janeiro, et à São Paulo où je me trouve. La Mission Economique a pour activité principale de promouvoir les exportations et les investissements de la France vers le Brésil, et d’aider les entreprises françaises dans leurs démarches. Elle dispose donc de moyens et d’une abondance de contacts dans les deux pays et dans tous les secteurs d’activité.

Le Brésil est incontestablement riche en opportunités, le potentiel de développement y est important et l’avenir est prometteur. La mission économique peut m’apporter énormément de conseils, contacts et d’ouverture sur le pays. Enfin, je parle portugais depuis petite, ce qui facilite l'intégration dans un pays où beaucoup ne parle ni français ni anglais. Que demander de plus ? Maintenant j’ai les cartes en main, les tongs aux pieds… C’est parti pour 3 mois intensifs à tout point de vue ;)

 

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Par Marine Voiturier
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Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /Jan /2010 00:08

« Quand on arrive dans une ville on voit des rues en perspectives, des suites de bâtiments vide de sens, tout est inconnu, vierge. Plus tard on aura habité cette ville, on aura marché dans ces rues, on aura été au bout des perspectives, on aura connu ces bâtiments, on aura vécu des histoires avec des gens. Quand on aura vécu dans cette ville, cette rue on l’aura prise 10, 20, 1000 fois… au bout d’un moment, tout ça nous appartient parce qu’on y a vécu, c’est ce qui allait m’arriver, et je le savais pas encore. » Extrait du film L’auberge Espagnole


C’est en effet ce que j’ai ressenti  le premier jour en arrivant à São Paulo, une ville où les buildings sont à perte de vue ! Je ne suis déjà pas très grande mais là je me sens minuscule dans cette mégalopole. La chaleur est étouffante, la pollution est au rendez-vous mais le soleil est au beau fixe et autant vous dire que c’est agréable de se promener en tee-shirt au moins de janvier.

Il ne me faut pas une heure de balade pour goûter aux petits plaisirs de la vie brésilienne et c’est seulement à quelques rues de mon hôtel qu’un brésilien m’accoste…  pour me racketter. BEM VINDO AO BRASIL :) Rien de grave bien sur ! ça m’a juste procuré une sensation bizarre pour une première sortie toute seule à 10000km de son pays. Les premiers jours n’ont pas été évidents, l’hôtel où j’étais en attendant de trouver un logement fixe ne me mettait pas à l’aise, je connaissais encore personne, j’étais stressée à l’idée de commencer le stage et tout ce qui me raccrochait à la France me rendait nostalgique. La capacité à rester seule plusieurs jours n’est pas ce que je maîtrise le mieux.

Mais après une semaine, ça a changé ! J’ai commencé mon stage où tout le monde y est très sympathique et j’ai commencé à découvrir la ville d’une toute autre façon. São Paulo est une ville cosmopolitaine.  Je me suis rendue compte qu’en quelques jours passée dans la ville, certains parcs m’auront transporté sur l’île de la Réunion, des odeurs m’auront clairement rappelé le Maroc, des rues, la langue… m’auront fait pensé à ma famille au Portugal, dans certains quartiers les rues portent le nom de pays du monde entier (Rua Argentina, Rua dos Franceses, Rua dos Estados Unidos…)… J’aurai finalement voyagé à plusieurs endroits et  je n’aurai jamais eu autant de réminiscences en si peu de temps. Mais je crois que ce qui m’a fait le plus de bien, c’est de m’installer à la « La pousada dos franceses », une vraie auberge espagnole ! On y trouve des gens du monde entier, des brésiliens, des allemands, des coréens, des canadiens, des chiliens… et j’en passe ! On y parle Français, anglais, portugais… Une grande maison pleine de chaleur humaine, où tout le monde partage sa culture. La journée chacun fait sa vie, et le soir on se retrouve autour d’une guitare et d’une bière (il faut savoir que le Brésil est le 4ème consommateur de bières au monde ! oui oui !). Je suis installée, je commence maintenant à m’intégrer et à connaitre la culture brésilienne doucement mais surement… et quel plaisir !

pousada dos franceses2


pousada dos franceses

Par Marine Voiturier
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Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /Jan /2010 19:13

« Que idea a de que no Carnaval as pessoas se mascaram. No carnaval desmascaram-se. » Ferreira
 « Quelle idée de dire qu’au carnaval les gens mettent un masque, au contraire, ils l’enlèvent »


Le carnaval est apparu au Brésil en 1723 avec l’émigration des portugais. C’est maintenant la fête traditionnelle la plus populaire du pays à travers le monde. Il se déroule durant quatre jours, pendant lesquels des écoles de samba défilent dans les rues devant des jurys. La musique et les costumes représentent toujours un thème particulier, en général un message sur l’histoire et les problèmes actuels du Brésil.

sambaJ’ai assisté à une représentation de l’école de Samba VAI VAI, très connue à São Paulo depuis maintenant 80 ans (www.vaivai.com.br) ;  et comment dire… c’était PUISSANT ! C’est juste impossible de voir ça en France ! Il n’y a pas à dire, les brésiliens savent faire la fête. Ce soir là, toutes les générations et toutes les catégories socioprofessionnelles étaient présentes pour danser et chanter ensemble. Tout le monde était là dans le but d’oublier ses problèmes et de se s’évader coute que coute, sur la musique entrainante de l’orchestre de l’école. Il pleuvait des cordes, et pourtant je n’ai pas vu UNE personne sans le sourire aux lèvres, la joie et la bonne humeur se reflétaient dans chacune d’entre elles. La critique était bannie, chacun avait sa manière de s’habiller, de danser, de chanter… ce soir là, la seule chose qui comptait était de s’épanouir ! Je me suis sentie vivante et libre comme l’air, jugée par personne, je ne savais pas danser la samba et pourtant je faisais partie de la fête comme tout le monde. C’était génial, et pourtant loin de ce que sera le carnaval au mois de février. J’ai prévu d’aller à celui Rio de Janeiro, le plus connu au monde (tant qu’à faire), et ça promet d’être grandiose!



samba vai vai

Par Marine Voiturier
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Jeudi 28 janvier 2010 4 28 /01 /Jan /2010 22:23

"Quelquefois, il y a des sympathies si réelles que, se rencontrant pour la première fois, on semble se retrouver" Alfred de Musset


Je fais des nouvelles rencontres tous les jours. A l'auberge, des gens arrivent, d'autres repartent, on échange brievement et on se quitte aussi vite qu'on s'est connu. Je passe des tres bons moments, c'est évident, mais le contact reste superficiel et éphémère. Dans cette masse de nationalités, il y a quand même une personne avec qui je partage plus qu'une bière autour d'une table, une personne qui sort du lot et avec qui je me sens bien, un brésilien, un vrai de vrai.


Comme tout bon brésilien, il a des tatouages. Il est fanatique de football et connait dailleurs mieux que moi les joueurs français! Il a des havaianas, les fameuses tongs brésiliennes que tout le monde porte ici depuis des lustres. Il aime les femmes, les "boum boum" à la brésilienne comme il dit! Et j'en passe... C'est des clichés tout ça bien sur, mais si on en parle c'est bien parce qu'ils existent...

Mais il est plus que ça. D'apparence il dégage l'image d'un garçon musclé qu'il ne faut surtout pas embetter (le culte du corps au Brésil est très encré dans la culture), mais quand on commence à le connaitre, on découvre quelqu'un super à l'extérieur comme à l'intérieur. Ses tatouages qui lui donnent une allure virile sont en fait les traces d'un passé pas toujours rose. La violence au Brésil est une réalité revendiqués par les musiques qu'il écoute, le rap prend une toute autre dimension qu'en France. Ce garçon est calme et réfléchi, doux et attentif. Il s'ouvre difficilement, il a des valeurs que j'apprécie et il respecte ses origines. Il a de l'humour mais aussi les pieds sur terre. J'aime sa façon de regarder et d'analyser les choses, discuter avec lui est toujours interessant. J'apprends beaucoup. On est en fait très différent et pourtant, je le vois le matin en me levant comme le soir en me couchant, et je ne m'en lasse pas.


C'est aussi pour ça que j'aime les voyages. Les rencontres leur donnent un sens particulier et nous enrichissent par leur mixité. Il y en a qui nous mettent des battons dans les roues, pour nous rendre plus fort, d'autres qui nous permettent d'évoluer professionnellement, d'autres encore qui sont éphémères, cachées dans notre mémoire, et puis il y a les rencontres qui marquent et qui feront parties du récit principal du voyage à notre retour.

 

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Par Marine Voiturier
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Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /Fév /2010 01:13

"Ne pense pas aux choses que tu n'as pas comme si elles étaient déjà là, fais plutôt le compte des biens les plus précieux que tu possèdes, et songe à quel point tu les rechercherais si tu ne les avais pas." Marc Aurèle


Mes deux compères brésiliens m'ont invité à passer un weekend dans leur famille à Lyns, une petite ville de l'Etat de São Paulo: 400km et 6h d'autobus mais j'étais réjouit à l'idée de découvrir une autre ville. On m'avait dit que les brésiliens étaient chaleureux, mais je ne pensais pas autant. Dès mon arrivée toute la famille m'a serré dans leurs bras pour m'embrasser comme s'ils ne m'avaient pas vu depuis des années: "et bonjour ma chérie, comment tu vas? pas trop fatiguée? Tu veux manger quelque chose? boire un jus de fruit? Viens prendre une douche! Bienvenue dans la famille!" C'est rare de voir ça en France, il faut le vivre pour comprendre. Il faut savoir que les Européens sont perçus par les Brésiliens comme étant des gens riches. C'est ainsi que, en me fesant visiter la maison ils n'ont pas pu s'empecher de me dire qu'ils n'avaient pas beaucoup d'argent, que leur foyer était simple et qu'ils espéraient que cela me conviendrai! Bien sur je n'étais en aucun cas venue pour le luxe qui me parait complètement superflu et je crois que je les ai rassuré avec mon sourire jusqu'aux oreilles.

Le samedi matin, un de mes deux amis devait se rendre à l'université pour recevoir son diplôme. Toute la famille était invitée, moi également. J'ai pu noter l'influence que les Etats-Unis ont sur le Brésil. Vous vous souvenez surement d'American Pie et autres films américains où les étudiants reçoivent leur diplôme de fin d'études, et bien c'était pareil! Ils étaient tous habillés de la même robe noire avec le chapeau qu'ils lance en l'air à la fin de la cérémonie. Long discours du directeur, hymne, appel des étudiants un par un... pour se terminer sur une petite touche nationale avec des musiques brésiliennes entrainantes. Toute la famille s'ennuyait, ils trouvent cela inutile, il n'y avait que moi qui scrutait tous les détails de la cérémonie: une vraie touriste... la seule dailleurs.


Pour fêter ça ils m'ont invité au restaurant puis dans la maison qu'ils sont en train de construire au bord d'un lac, un vrai petit coin de paradi. Il y avait de la végétation tropicale partout, des plantes et des oiseaux dont je ne connaissais même pas l'existance, des pêcheurs... un endroit calme et reposant avec pour seul bruit celui de la nature. C'était ressourçant!


Le soir, mes deux amis m'ont invité à sortir, on s'est couché au levé du soleil pour se réveiller à l'heure du repas familial! Et quel repas! Tout le monde était sur la terasse en dessus de la maison, le soleil brillait, l'odeur du barbecue se mêlait au son de la guitare. Ils m'avaient prévenu, j'allais goûter à la vraie cuisine brésilienne, pas celle que l'on mange au restaurant, non non, celle préparée par la famille le midi même; et autant vous dire que mon ventre s'en souviens encore! Les brésiliens mangent beaucoup de viandes, des gros morceaux en broche au barbecue coupé directement dans l'assiette. Une autre spécialité qu'ils ont est l' "Arroz com Fegao", c'est du riz avec des haricots noirs en sauce; le tout accompagné d'une salade composée (tomates, concombres, poivrons, oignons, percils...) et de manioca, un
 légume proche de la pomme de terre, sans oublier les bières et les jus de fruit tropicaux faits maison! Un vrai délice! Le repas a duré toute l'apres midi, c'était très agréable. Il y avait vraiment une bonne ambiance et aucun tabou. Avant de partir, ils m'ont offert un bijoux, pour me montrer qu'ils m'appréciaient et que j'étais la bienvenue chez eux, une petite attention brésilienne!

J'avais envie de rester, mais pourtant à 16h il était déjà l'heure de prendre mes affaires, un long voyage m'attendait direction
l'immense et bruyante ville de São Paulo.

Par Marine Voiturier
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