Vendredi 9 avril 2010 5 09 /04 /Avr /2010 20:17

"Comment devenir riche avec un français? On l'achète au prix qu'il vaut et le revend au prix qu'il s'estime"

 

 

 caricature

 

On se fait tous une image des pays que l'on ne connait pas, avec ce qu'on entend dans les médias, avec nos proches qui y sont allés, avec les blagues que l'on raconte dessus... et qu'en est-il des Français au Brésil?

 

Pour ce que j'ai entendu depuis que je suis arrivée ici, nous sommes des gens "chics", des gens qui ont du goût, je l'ai entendu à plusieurs reprises. J'ai dailleurs une petite anecdte. J'ai une fois demandé à un groupe d'adolescentes mon chemin, elles ont remarqué que je n'étais pas du pays et quand je leur ai répondu que j'étais française, elles se sont jetées sur leur appareil photo pour immortaliser le moment avec elle en répétant: "non! vraiment? c'est CHIC!". Je ne me suis jamais sentie aussi mal à l'aise! La France ici est reconnue (par les femmes essentiellement) comme le pays de la mode, des produits de beauté de qualité et des parfums en abondance. Elles rêvent toutes de nos crèmes l'Oréal, Lancôme et j'en passe... au Brésil c'est hors de prix.

 

J'ai aussi entendu des choses qui m'ont amusé sur les français. On m'a demandé si c'était vrai que l'on mangeait très peu, qu'au restaurant on ne nous apportait qu'une crevette au milieu de l'assiette et que cela nous suffisait. J'ai vite compris qu'ils fesaient allusion à la gastronomie et je leur ai bien sur expliqué que ce n'était en aucun cas notre plat quotidien! Quelqu'un m'a aussi demandé si les français prenait souvent des douches, car il avait appris en cours d'histoire que la propreté et nous n'étaient pas bons amis (...il y a des siècles!)

 

Certains brésiliens se moquent de la langue française, le "jé soui françois, oulala!" est très amusant. Nous avons une manière de parler apparament très féminine et donc risible pour une homme. L'image que les brésiliens ont des françaises par contre est tout autre... je n'en dirai pas plus :)

 

Globalement, tout le monde ici trouve que la France est une destination de rêve, et pour la plupart inaccessible. Pour la minorité qui y sont déjà allés, ils l'ont trouvé magnifique... mais sans les français. Et oui! C'est bien connu, nous sommes vus à travers le monde comme des gens froids et hautains, pas très accueillant. Nous avons le don de n'être jamais satisfait de ce que nous avons, de penser que nous connaissons tout de la mode et de la façon de se comporter. Plus je voyage, plus je m'en rend compte, donc plus je voyage.... méditez.

 

Par Marine Voiturier
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Vendredi 9 avril 2010 5 09 /04 /Avr /2010 20:34

"Si tu vas à Rioooo, n'oublis pas de monter là hauuuut..." Dario Moreno

 

 

C'était mon rêve depuis maintenant des années, depuis gamine. Et maintenant c'était à mon tour de découvrir une des plus belles villes au Monde: Rio de Janeiro!

 

Pour info, le nom de la ville vient de la découverte du Brésil par les naviguateurs portugais. Ils ont débarqué dans la baie de Guanabara (très étroite). Ils pensaient tout simplement être sur une rivière ("Rio" en portugais) et sont arrivés le 1er janvier ("Janeiro" en portugais) 1502, d'où le nom, Rio de Janeiro.

 

 

DSC00069 

 

Donc me voila arrivée à Rio, et pas n'importe quand, pour le carnaval! (il faut faire les choses bien!) Et c'était tout simplement magnifique! Quatre jours de pur plaisir! Assister au défilé était beaucoup trop chèr, donc j'ai opté pour le carnaval de rue, qui d'après les Cariocas (les habitants de Rio) est bien mieux et plus autenthique! En effet, je n'ai pas eu de regret, les groupes de samba étaient à perte de vue, de l'ambiance à en faire danser les jambes les plus raides... du matin au soir, de la tombée de la nuit au levé du jour!

J'en ai aussi profité pour visiter les plus beaux endroits, du Corcovado (Le Christ) au Pão de Azucar (Le Pain de sucre) en passant par les plages de Copacabana, Ipanema... 40° à l'ombre!

 

Il n'y aurai pas assez d'un article pour décrire toutes les émotions que j'ai ressenti, j'espère que ma vie ne sera faite que d'étonnements et d'émerveillements comme ceux-ci. Rio est une ville magnifique quand on regarde son panorama, il n'y a pas à dire; et je n'en ai découvert d'une infime partie. A quand mon prochain billet d'avion pour la ville du canarval??

 

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Par Marine Voiturier
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Vendredi 9 avril 2010 5 09 /04 /Avr /2010 21:24

"On ne se soucie pas du bonheur et de l'épanouissement quand on a le ventre vide. C'est une chose à ne pas oublier. A vivre parmi cette invraisemblable abondance, on se perd. On se préoccupe de bêtises comme la spiritualité, l'équilibre intérieur, la plénitude, les rapports à autrui. On n'imagine pas un instant la chance qu'on a. On imagine pas ce que c'est que de creuver de faim, d'être réduit à l'état de squelette, de rester là bras ballants pendant que quelqu'un qu'on aime, quelqu'un de jeune et qui jusque là était en bonne santé, s'éteind tout doucement, et que tout au fond de soi, au fond de ses tripes, on se réjouit presque car, au lieu de la bouchée de pain quotidienne, on aura droit à une bouchée et demie. Quiconque croit qu'on est autre chose que des animaux est naïf. Tous les humains sont des sauvages." Extrait du roman "Dans les bois" d'Harlan Coben

 

 

 

Au mois de février j'ai déménagé avec mon copain dans un appartement, situé dans la périphérie de São Paulo, à Brasilândia, en face d'une des plus grandes favelas. La vue la nuit était surprenante, du dernier étage nous pouvions voir toutes les petites maisons allumées comme un ciel étoilé, nous passions dailleurs des heures le soir à contempler l'ensemble de la favela. Mais derrière ce spectacle se cachait une réalité beaucoup plus sinistre: la pauvreté et la violence étaient présentes à tous les coins de rue, comme je ne verrai jamais à Bordeaux ni même en France. Laissez-moi vous donnez un aperçu...

 

Un apres-midi comme un autre, nous sommes allés faire quelques courses dans un supermarché, quand deux agents de sécurité ont emmené un garçon dans le SAS juste à côté de nous... pour le frapper sans relâche. Un petit voleur nous ont-ils dit! Car ils n'appellent pas la police au Brésil, chacun fait sa loi. Mais ce qui m'a le plus choqué a été une histoire qu'Antonio m'a raconté en rentrant du travail, révolté. Un papi d'une 60ène d'années avait quelques minutes avant essayé de toucher une jeune fille à coté de lui dans le bus, avant qu'il ne sorte un couteau pour lui faire une marque sur la gorge. Tous les spectateurs n'ont pas perdu une seconde pour sortir l'homme du bus et le frapper à mort au sol, devant les enfants. Bien entendu cela n'arrive pas tous les jours, mais c'est un fait qu'il ne faut pas oublier.

 

favela-Brasilandia.jpg

 

Je vois maintenant les choses différemment, je me réveille tous les matins à Bordeaux en me disant que j'ai la chance d'avoir une vie paisible, que de faire 1h de tramway tous les matins n'est que du luxe, pouvoir faire des études est un privilège que la majorité des brésiliens n'ont pas... et j'en passe.

Par Marine Voiturier
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Samedi 10 avril 2010 6 10 /04 /Avr /2010 15:41

"Le travail c'est la santé...!" Henri Salvador

 

... Ou trois mois passés à la Mission Economique! et en tongs s'il vous plait!

 

Maintenant terminé je peux dire que ce stage était globalement une très bonne expérience! j'ai aidé à l'organisation du salon international de l'emballage et de l'industrie graphique, et donc participé en particulier au recrutement des entreprises françaises et brésiliennes (pour venir au salon). Depuis quelques années les services entreprises de la Mission sont payantes, donc les agents font un véritable travail commercial tout au long de l'année pour recruter les entreprises.

 

J'ai donc appelé des centaines d'entreprises françaises pour leur proposer notre offre, pour finalement en recevoir une dixène. L'économie du Brésil et des secteurs était bien entendu à maitriser pour informer les sociétés de l'avantage à venir s'implanter et chercher des nouveaux contacts dans le pays. J'ai été dailleurs étonnée de voir que beaucoup de directeur ne se rendait pas forcément compte de l'ascension du Brésil dans l'économie mondiale, et je ne compte plus les fois ou j'ai entendu "Mais qu'est ce que je vais bien pouvoir faire au Brésil? boire des cocktails et danser la samba à Rio? Vous êtes bien gentils mais ça ne m'interesse pas!" Entendu monsieur, merci monsieur, au revoir monsieur!

 

Une fois les entreprises françaises inscrites, nous avons commencé à faire toute la logistique du salon: préparation du stand, réservation des navettes, de l'hotel, des badges, recherches d'hotesses... mais surtout organisation des rendez-vous des entreprises françaises avec des sociétés brésiliennes (car la Mission propose une aide personnalisée), le plus important. C'était sur ce point que se mesurait la satisfaction des français quant à la qualité du travail de la Mission Economique. Cela a été un travail très interessant, j'ai pu noter la grande différence au niveau relationnel entre les français et les brésiliens au téléphone:

 

Appel vers la France

"- Bonjour, Marine Voiturier de la Mission Economique de Sao Paulo, pourrai-je parler à Monsieur Berto le direc...

-  Ne quittez pas"

 

Appel au Brésil

"- Bonjour, Marine Voiturier de la Mission Economique de Sao Paulo, ça va?

- ça va très bien ma chérie, et toi? (premier contact téléphonique)

- super!

- Qu'est-ce que je peux faire pour t'aider?

- Je voudrai parler à Roberto

-Pas de soucis j'essaye de te le passer, tchao tchao!"

 

Puis enfin tout terminé, il ne restait plus qu'à faire le salon, très enrichissant. J'ai eu la possibilité de faire interprète entre les sociétés françaises et brésiliennes, et donc de me faire des contacts rapidement des deux côtés.

 

 

Sans titre 

 

Ce stage m'a permis de réellement ambitionner mon futur professionnel au Brésil ou en relation avec le pays, car il y a d'énormes potentiels. J'ai amélioré mon portugais, eu un aperçu du marché et de ce que signifiait "travailler avec les brésiliens", et je me suis fait des contacts tout au long de mon stage. Il ne reste plus qu'à en faire bon usage!

Par Marine Voiturier
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Lundi 12 avril 2010 1 12 /04 /Avr /2010 00:37

Amigo é coisa para se guardar

Debaixo de sete chaves

Dentro do coração

Assim falava a canção que na América ouvi

Mas quem cantava chorou

Ao ver o seu amigo partir

Mas quem ficou, no pensamento voou

Com seu canto que o outro lembrou

E quem voou, no pensamento ficou

Com a lembrança que o outro cantou

Amigo é coisa para se guardar No ado esquerdo do peito

Mesmo que o tempo e a distância digam "não"

Mesmo esquecendo a canção

O que importa é ouvir

A voz que vem do coração

Pois seja o que vier, venha o que vier

Qualquer dia, amigo, eu volto

A te encontrar

Qualquer dia, amigo, a gente vai se encontrar.

Canção da América - Milton Nascimento

 

 

Je n'ai pas cru au départ ceux qui m'ont dit que je n'allais pas vouloir rentrer, et pourtant, le fait y est.  Cela fait déjà une semaine que je suis en France, mais une grande partie de mon âme est restée au Brésil! Ce voyage aura été source de changements, à tous les niveaux. J'ai des souvenirs plein la tête, mes yeux brillent en repensant aux plus forts d'entre eux. J'en suis convaincue depuis un bon moment, j'y retournerai...

 

 

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Par Marine Voiturier
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